04/03/2011

Posté par hommedenonvie le 11 mars 2011

23h30

Une semaine de plus, pour rien.

Le vent du soir réveille. Mes yeux en pleurent, mais je m’en fous. C’est autre chose l’important. Pas mes yeux. Autre chose.
J’avance, et je n’ai pas envie de croiser quelqu’un; j’aimerai mieux vivre dans un désert quelques fois.
Je me sens connement ingénu, à cause de cette musique, qui ne quitte pas mon crâne depuis trois jours. Comme si je vivais dans un film, où tout est question de mise en scène.
On me tire par les deux bras en même temps, mais j’ai le cœur lourd de beaucoup déjà, donc c’est dur de me déplacer. Connement ingénu…
Demain me fait peur, je sais que je vais encore décevoir. Mais je déçois parce qu’on attend de moi l’inverse de ce pour quoi je suis fait. On attend de moi quelque chose, et moi je suis fait pour rien.
Mais c’est pas ça l’important. L’important, c’est de savoir quelle image mon fils aura-t-il de moi quand il aura mon âge d’aujourd’hui. Je ne veux pas être mon propre père. Et je ne veux pas être renié par la seule personne qui aujourd’hui arrive à m’arracher des sourires.
Et c’est là le vrai problème : si je suis moi, je ne serai jamais assez pour lui. Jamais assez là jamais assez prudent jamais assez réfléchis etc etc, la seule chose que j’aurai suffisamment c’est la peur, peur de faire, en bien ou mal, qu’importe.
Déjà je suis là. A peu près. Je suis encore flou, pour lui et moi. Moi moi moi moi. Je me vomirai si je pouvais, des fois.

Maintenant, c’est la petite lampe du salon, ça me nique les yeux. Et la sonnerie du portable, qui ne quitte jamais mes oreilles. Elle passe de l’une à l’autre, et se cogne partout dans mon crâne en route. Je l’en délogerai bien avec une perceuse, mais il y a le courage, la connerie, la lâcheté qui s’en mêlent. Putes.
L’homme sans sentiments, libre de tout, voilà un rêve. Merdique, ouais, mais un rêve. Sauf que j’en oublierai mon fils, et ça c’est non. On me tire par les deux bras…
Demain je ne serai plus rien, dans le demain lointain. Et j’aurai souffert pour des choses qui n’existeront plus, mais que j’aurai cru importantes. Le fond du problème il est là, l’importance que l’on offre aux choses. Je donne de l’importance à mon fils, alors que je ne m’aime pas assez. Je donne de l’importance à l’art, alors que les hommes sont tous de la merde. Je donne des coups d’épée dans l’eau, tout ça pour ses sourires à lui.
Je me fous de ce qu’on pense de moi, mais je ne veux pas qu’on m’oublie. Je suis trop important, je m’intéresse aux choses, je voudrai faire.
Mais je fais rien, je me trouve des excuses, je suis faillible, et j’ai peur de faire. J’ai peur du temps perdu, donc je perds mon temps à le perdre dans l’attente. Je suis que dalle, et j’ai peur. Je me vomirai des fois.
Là même je perds mon temps, loin de la technique et du verbe des pseudos grands qui sont morts, de toute façon. Mais je veux qu’on me lise, puis j’ai peur du jugement.
Je veux dessiner, mais je ne sais pas dessiner, et je ne sais pas quoi. Je veux faire de la musique, mais je ne sais pas, je veux vivre un peu, mais je n’ose pas.
J’ai pas de talent, alors du travail, mais ça prend du temps, et le mien je dois le perdre, c’est comme ça.
Et courir aussi, histoire d’être beau.
Je dois briller, mais j’ai la nuit dans la tête.
Donc là je vais me coucher, ou je ne sais quoi, lourd d’une semaine de plus, pour rien sauf ses sourires, et les petits pots qu’il a l’air d’adorer.

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Le poids de mes ivresses : Soleil d’hiver

Posté par hommedenonvie le 25 septembre 2010

Il fait froid ce matin là
Mais mes nerfs sont calmes; je ne souffre en rien
Car ses yeux me regardent,
Pleins de ce fragile soleil, et de grandes espérances
Ces quêtes d’éternel auxquelles on veut croire encore une fois
Sans peur de sombrer, car nos âmes sont closes.
On ne se touche pas, on s’embrasse du regard;
Il n’y a rien d’autre qu’elle et moi, et ce soleil friable, et le froid.
On s’oublie dans le visage de l’autre, tant et si bien
Qu’on ne voit pas le ciel s’assombrir.
Elle veut rentrer – une chaude alcôve nous attends.
Mas d’ici là, le soleil se sera éteint,
Tout comme ses yeux, devenus sales.

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Attente – Troisième : Les Plaies

Posté par hommedenonvie le 25 septembre 2010

Proche de la douce folie au bords tranchants
Le goût de tes lèvres a disparu maintenant.
Se contenir, un moment de plus, puis mourir
En dedans.

Puis renaître, bêtement, pour un geste en ma direction
Qui ressemble à tout, même aux faux mouvements
Et ranime une flamme qui m’a déjà trop brûlé
Me laissant pantelant, incapable d’oubli.

Parfois je te préfère morte, en moi :
On ne s’endeuille pas de l’objet d’un désir
Tant qu’il subsiste dans nos plaies.

Pâle oubli face à ta chaleur
Aujourd’hui, j’en suis à égale distance
Des deux, et le soleil en rit.

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Attente – Deuxième

Posté par hommedenonvie le 25 septembre 2010

Ton absence douce amère
Les caresses du soleil sur la peau
- et toi aussi, quelque part -
Lancinante mélancolie – ton regard au loin

Voitures qui passent, comme des lames
Qui m’ouvrent au vent, qui ne chuchote plus.
J’hésite – encore – ,
Et m’accroche à toi
Comme un enfant à une mère indolente.

Le soleil, vainement, me détourne l’attention
Mais tu surgis, toujours au détour d’une brise.
Je m’y perds, souvent; un pas de plus
Vers toi, et je me noie
Dans tes yeux qui cherchent l’ailleurs,
Cet ailleurs où je ne suis pas.

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Attente – Première

Posté par hommedenonvie le 25 septembre 2010

Un soir de plus, où je t’attends,
En vain, une pierre de plus sur mes épaules,
Encore une ride, marquée au cœur
Qui se ferme presque de t’attendre ouvert.

Le brûlant souvenir de tes cheveux dans la nuit
Ne suffisent plus; ils me lacèrent,
Et de ta présence au loin, je suffoque -
De savoir que ton odeur n’est plus mienne.

Ton sourire aujourd’hui, de cette innocence qui blesse,
Et tes promesses volatiles, faites de lames à blanc,
La lointaine douceur de ta peau, de ta voix,
J’en pleure maintenant de les avoir affrontées.

N’étais tu mienne qu’un instant?
Le vent des nuits d’août n’ont pas de réponse.
Tout juste chuchotent ils ton nom -
Et leur fraicheur de me mordre.

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